Le Portrait

3 juillet 2012
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Les artistes commencent à peindre des portraits au XVe siècle mais ces œuvres sont rares. L’art du portrait est surtout marqué à la Renaissance.
Tout le monde ne peut pas avoir son portrait. Il faut être très riche et connaître un peintre ! Les portraits montrent l’importance du personnage. Les portraits de la famille royale, des hauts membres de l’Église (le Pape, les évêques) ou de grands nobles sont le plus souvent représentés. Au début, le portrait est une marque de rang. Le personnage est peint avec son blason, ses insignes. La ressemblance n'est pas évidente et on reconnaît plutôt le personnage grâce à ses symboles : le roi porte la couronne, l’évêque une mitre…
Jean Fouquet est le premier peintre français à réaliser des portraits réalistes. Dans l’exposition, tu peux voir son autoportrait. C’est une œuvre novatrice pour l’époque. Il se peint comme il se voit mais aussi comme il se ressent. Ce type de portrait est appelé «portrait psychologique».
Autour de 1500, le genre du portrait se développe considérablement. Les peintres portraitistes sont très demandés. Le réalisme des traits est également recherché dans les grandes scènes, celles des retables, par exemple, qui représentent souvent les commanditaires. Jean Hey peint un grand triptyque pour une église. Sur les volets, à côté de saint Pierre et saint Jean l'Évangéliste, on trouve les portraits des donateurs, Pierre de Bourbon, Anne de France et leur fille Suzanne de Bourbon.
Jean Hey
Anonyme, fin XVe siècle Pierre de Bourbon présenté par saint Pierre, Anne, Anne de Beaujeu présentée par Saint Jean l'évangéliste et Suzanne de Bourbon, vers 1492
Volets d'un même retable, huile sur bois
Paris, Musée du Louvre, département des Peintures

© Photo RMN / Gérard Blot On trouve très peu de portraits d’enfants. Ils n’existent que pour la famille royale et leurs proches. Suzanne est la cousine du dauphin de France, Charles Orlant que Jean Hey représente âgé de deux ans. Jean Perréal est un portraitiste très célèbre à l’époque. Il réalise des portraits de petit format. Il recherche avant tout le réalisme et ne transforme pas ces clients pour les rendre plus beaux. Sur ce double portrait d’un couple, il n’hésite pas à peindre les nez un peu gros, la barbe mal rasée.
Jean Perréal
Livre d'heures, avec les portraits présumés de Charles VIII et Anne de Bretagne , 1492-1495. Huile sur bois. Détails
Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits Lat. 1190

En Italie, les portraits deviennent plus réalistes également mais toujours idéalisés. La Renaissance florentine recherche la beauté idéale, comme le montre très bien ce magnifique portrait de femme de Léonard de Vinci, dit «La Belle ferronnière». La sculpture, elle aussi s'intéresse au portrait. Les monuments funéraires sont ornés de gisants, des représentations de la personne qui git dans le tombeau. Les sculpteurs de la Renaissance les rendent réalistes et réalisent dans la pierre de véritables portraits. Sur ce tombeau, Michel Colombe représente les enfants du roi Chrales VIII sur leur tombeau.
Michel Colombe
Tombeau des enfants de Charles VIII
Pierre. Détails.
Tours, cathédrale Saint-Gatien

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