Les films du vendredi 12h : Beaumarchais l’insolent

Dans le cadre de la programmation de l'exposition Élisabeth Louise Vigée Le Brun, venez assister gratuitement à la diffusion du film "Beaumarchais l'insolent" à l'Auditorium du Grand Palais ce vendredi à 12h.
4 novembre 2015
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Annabelle Gasquez
Beaumarchais l'insolent
Beaumarchais l’insolent (1996)
 
Beaumarchais l’insolent a offert à Fabrice Luchini l’un des plus beaux rôles de sa carrière. En jouant ce dramaturge intemporel d’impertinence, l’acteur trouve dans ce long-métrage une véritable justesse. Adapté d’une pièce de Sacha Guitry, le film est réalisé par Édouard Molinaro, plus connu pour Oscar (1967) ou La Cage aux folles (1978).
 
Il y a dans Beaumarchais l’insolent ce plaisir faussement hasardeux d’entrelacer les phrases pour leur donner un nouveau sens. La volonté de Sacha Guitry était de réhabiliter ces voix « qui ne vieilliront jamais », de leur redonner une vérité grâce au cinéma. La liberté de son Beaumarchais, ici scénarisé par Jean-Claude Brisville et Édouard Molinaro, est sans pareille. Ce dernier, en tant que réalisateur, propose une production à la hauteur de son généreux budget. On découvre petit à petit la vie rocambolesque de cet homme qui dépassant son auguste renommée, s’avère être un libertin, un coquin, un stratège, un intrépide, un horloger, un juge, un engagé passionné par ses causes.
 
L’adaptation d’une pièce de théâtre au cinéma n’est jamais chose aisée. Comme l’expliquait François Truffaut, la relation complexe et mouvementée qui unissait Sacha Guitry au cinématographe ne fut pas que négative. L’homme de Lettres  comprit en son temps ce que cette caméra pouvait finalement apporter à son art. Cette « lanterne magique », comme il l’appelait, fut tant source de fascination que de déconvenue. Et cet entre-deux se retrouve dans le long-métrage d’Édouard Molinaro, coincé entre l’allure des mots de Sacha Guitry, la précision de ceux de Beaumarchais, et la figure centrale de son film, Fabrice Luchini.
 
L’agent secret de Louis XV (Michel Serrault), que l’on voit confronté au regard d’Élisabeth Vigée Le Brun (Evelyne Bouix) lors d’un comité de lecture, absorbe toute notre attention. Ses altercations avec l’opinion, les politiques et la censure sont de grands moments de délectation. La verve de l’auteur n’a d’égale que sa prestance. Enfin s’anime cet incroyable maître d’orchestre, ce marionnettiste sensationnaliste, ce touche-à-tout enthousiaste.
 
Alors qu’à l’écran l’idée d’une révolte gronde parmi les Français, Beaumarchais l’infatigable semble en être l’un des principaux acteurs. Car la Révolution française est avant tout une victoire de la pensée libre sur l’oppression des puissants. Une pensée qu’incarne alors majestueusement Beaumarchais, esprit rayonnant des Lumières. Celui qui savait parler au peuple, qui était le peuple, tout comme son Figaro qui ne se laissait jamais abattre, quoi qu'il arrive.
 
À la fois film de cape et d’épée, d’époque, thriller politique, comédie et pièce de théâtre augmentée, Beaumarchais l’insolent repose essentiellement sur les pépites verbales de l’irrévérencieux poète. Malheureusement, il est donc facile de faire au divertissement pittoresque d’Édouard Molinaro le même reproche que l’on fait aujourd’hui à Fabrice Luchini : lorsque la persona dépasse le personnage, ça cabotine, ça bouge et ça gigote, pour en définitive perdre son sens profond. Alors, comme dirait Figaro : « je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer ».
 
Annabelle Gasquez
 

Informations pratiques

Vendredi 6 novembre à 12h à l'auditorium du Grand Palais

L’entrée à l’auditorium est gratuite.
Invitation disponible au téléchargement

Entrée par l'accès coupe-file à partir d'une heure avant le début de la manifestation. Ouverture de l'auditorium 15 minutes avant la manifestation. Cette invitation sera acceptée jusqu'à 5 minutes avant le début de la séance.



 
 
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