Ouverture d'une nouvelle boutique Picasso !

La nouvelle boutique Picasso ouvre face au Musée. Ce samedi 7 novembre 2015, vous pourrez y rencontrez Olivier Widmaier Picasso qui dédicace son dernier ouvrage sur l’histoire du bâtiment.
6 novembre 2015
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Le Musée national Picasso-Paris fête ses 30 ans. Et Olivier Widmaier Picasso, petit-fils de l’artiste et biographe, en profite pour publier le premier ouvrage sur l’histoire de ce lieu magnifique construit en 1660, l’un des plus beaux hôtels particuliers de Paris, en plein coeur du Marais, et qui est maintenant l’ultime demeure de Picasso… L’auteur retrace en détails, de Louis XIV à nos jours, l’histoire du bâtiment et l’aventure de son architecture. Entretien.

Olivier Widmaier Picasso
Qu’est-ce qui a motivé en 1985 le choix de cet hôtel pour accueillir le musée ?


"1985 est la date de son inauguration. Mais c’est dès 1974, un an après la mort de mon grand-père, que le Secrétaire d’État aux Affaires Culturelles, Michel Guy, a choisi l’Hôtel Salé pour y installer le futur Musée Picasso. Un an plus tard, la Ville de Paris, propriétaire des lieux, accepta son choix. Les travaux pouvaient commencer et un concours d’idées a été lancé auprès de quatre architectes. Roland Simounet a remporté la consultation et a ainsi rejoint le chantier en cours de la restauration du bâtiment par les Monuments Historiques. L’architecture baroque, dans une forme de magnificence, a participé de ce choix comme un écho aux grandes demeures qui furent des lieux de création pour Pablo Picasso, comme son château de Boisgeloup à Gisors, son atelier de la rue des Grands-Augustins à Paris ou le château de Vauvenargues près d’Aix-en-Provence."

Est-ce que Picasso a habité le Marais, avait-il une relation particulière avec ce quartier ?

"Pablo Picasso n’a jamais habité le Marais mais a vécu à proximité entre le quartier de Saint-Germain sur le rive gauche et l’Île Saint-Louis dans l’appartement du boulevard Henri IV où vivait ma grand-mère Marie-Thérèse. Tout cela forme le vieux Paris et la grande histoire de France. C’est d’ailleurs le Marais qui a été le premier quartier concerné par la mise en place du plan de protection et de sauvegarde du Patrimoine par André Malraux en 1962. À la même période des années 1960, mon grand-père réinterprétait encore les maîtres du passé dans sa peinture comme Le déjeuner sur l’herbe d’après Manet ou L’enlèvement des Sabines d’après Poussin faisant suite aux Ménines d’après Velasquez de 1957."

Pourquoi cet hôtel particulier porte-t-il le nom d’hôtel « salé » ? A-t-il accueilli un hôte célèbre ?

"L’Hôtel Salé porte ce nom car c’est le Seigneur Pierre Aubert de Fontenay, fermier général des gabelles, percepteur de l’impôt sur le sel, d’où son surnom, qui fît construire cet hôtel particulier entre 1656 et 1660 par l’architecte Jean Boullier pour y habiter. Il s’inscrivait dans la splendeur d’autres résidences comme Vaux-le Vicomte ou l’Hôtel Lambert qui agacèrent Louis XIV et menèrent à leur perte leurs propriétaires, grands commis de l’État qui avaient pris la mauvaise habitude de conserver une part considérable des impôts des français qu’ils percevaient pour le roi."

Il a été fermé au public, et rénové pendant 5 années. Quels travaux ont-ils été entrepris ?

"La conception d’un musée au début des années 1980 privilégiait la conservation et la scénographie des oeuvres d’un point de vue élitiste. Depuis, la société a pris en compte la typologie des publics d’un point de vue pratique pour accueillir plus de monde, donner accès aux personnes à mobilité réduite, réguler les flux, et d’un point de vue scientifique en intégrant des références aux archives et les nouvelles technologies. C’est maintenant le cas au Musée Picasso et notamment avec ¡Picasso ! l’Exposition Anniversaire, qui vient d’ouvrir. Les travaux ont surtout permis de plus que doubler les surfaces d’exposition passant de 1 600 m2 à 3 800 m2 aujourd’hui afin de montrer plus d’œuvres."

Pendant ce temps, que sont devenues les oeuvres ?

"Pendant les travaux menés de 2009 à 2014, une sélection des chefs d’oeuvres du Musée a fait l’objet de deux expositions itinérantes dans le monde entier qui ont permis à l’Établissement de financer les 2/3 du coût du chantier de rénovation et de construction d’un bâtiment technique."

Qu’éprouvez-vous devant la beauté de ce lieu ? C’est un peu votre maison de famille ?

"C’est un Musée qui appartient aux Français et dans un sens au monde entier. J’ai un attachement particulier pour ce lieu car je l’ai visité, de manière inattendue à l’adolescence, en 1974 avec Michel Guy car j’accompagnais ma mère Maya et les autres héritiers à qui il voulait montrer sa préférence. Il y avait en effet d’autres choix possibles comme la Bourse du travail ou le Palais du Luxembourg ! Heureusement, tout le monde s’est accordé sur l’Hôtel Salé. À défaut d’être une maison de famille bien que toutes les muses et les enfants de Pablo y vivent en harmonie à travers les oeuvres, c’est son ultime demeure. C’est le Musée de papa comme ma mère le dit si affectueusement."

Picasso, l’ultime demeure – Histoire et architecture de l’Hôtel Salé aux Editions Archibooks


Paru aussi, d’Olivier Widmaier Picasso :

- L’ouvrage Picasso, portrait intime et le film Picasso, l'inventaire d'une vie
- L'autre film Picasso, naissance de l'icône
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