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Chez Vallotton, l’usage de la photographie est à la fois source d’inspiration et prétexte à exploration ...
En 1826, Nicéphore Niépce fixe la première image permanente de la nature avec son "Point de vue du Gras", une vue prise en Bourgogne, non loin de Chalon-sur-Saône. A l’instar de ses contemporains (Bonnard, Vuillard), Félix Vallotton fait usage de cette découverte relativement récente - technologie révolutionnaire, promise à un brillant avenir - permettant de fixer le réel pour en reproduire des images, représenter le monde qui l’entoure.
Ayant fait l’acquisition d’un appareil Kodak (numéro 2 Bulls-Eye, modèle 1898), le peintre inaugure sa pratique de la photographie au cours de l’été 1899, à Etretat. Clichés privés, univers familial. Scènes estivales de plage et de bains de mer. Il a tôt fait de s’inspirer de ces photographies pour produire des toiles sur le même sujet. Ses tableaux s’intitulent : "Sur la plage". Ou encore : "Le bain à Etretat".
Amateur passionné, il semble considérer ces instantanés de la vie quotidienne à l’égal de ses peintures. Les sujets se recoupent. La réalité domestique est projetée sur la toile, pour ainsi dire à l’identique. La photographie fait partie intégrante de son processus créatif. Le médium permet d’explorer de nouvelles formes picturales. Points de vue audacieux, lignes de perspectives, effets de lumières, cadrages insolites d’éléments hors champ, contre-jour dans les intérieurs. Autant d’éléments visuels dont la traduction sur la toile renouvelle le regard. Pour preuve, l’étonnante contre-plongée du tableau "Le ballon" (1899).
Bidimensionnelle, la photographie est en parfaite adéquation avec l’esthétique chère aux Nabis. La retranscription du relief se fait en aplat. Cette synthèse formelle de l’apport de la photographie avec un certain style de peinture donne lieu à des portraits "décoratifs", simplifiés, tel celui de Zola, en 1901. Cette même année, des clichés issus notamment de l’atelier de Nadar serviront à Vallotton de modèle pour une série de portraits.
Autre source d’inspiration : les photographies parues dans la revue "L’Etude académique", sorte de catalogue de nus féminins pour les artistes. Le "nu dans la chambre rouge" de 1897 en est tiré. De même pour "Le Sommeil", daté de 1908. La pose du modèle nu, couché au milieu des coussins rouges, évoque une photo intitulée "déformation de lignes par exagération d'effort", tirée de ladite revue.
Les photographies que Vallotton prend de son épouse donnent lieu à plusieurs toiles. Dans "Femme fouillant dans un placard" (1901), il s'inspire d'un portrait de Gabrielle pris à La Naz, Le Mont-sur-Lausanne, en 1900. "Interieur, femme en bleu fouillant dans une armoire" (1903) renvoie à un portrait réalisé cette fois à la villa Beaulieu, à Honfleur, en 1901. A quelques nuances près. La porte ouverte, sur le cliché, se mue sur la toile en placard. Initialement de profil, la silhouette féminine vêtue d’une longue robe y est représentée de dos. On pourrait multiplier les exemples : "La chambre rouge", Etretat, montre ainsi Gabrielle assise devant une cheminée. Exactement comme sur la photo.
Chez Vallotton, l’usage de la photographie est à la fois source d’inspiration et prétexte à exploration. Il ne s’agit pas uniquement de reproduire, documenter, mais bien plus, expérimenter. La photo nourrit la peinture. Ouvrant au passage – au sens propre – de multiples perspectives. Son regard, ainsi que le nôtre, s’en trouve changé.
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See content : 5 things to know about Paul Cezanne before visiting the exhibition
Paul Cezanne, Pichet de grès, 1893-1894, Fondation Beyeler, Riehen-Bâle
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Considered one of the pioneers of modern art, Paul Cézanne had a profound impact on art history. Yet his work long baffled his contemporaries. Why did he paint so many apples? Which artists did he inspire? And why does his work resonate so strongly today? Here are five keys to better understanding his influence before visiting the exhibition “Cezanne and Us,” on view at the Grand Palais through January 17, 2027.
Widely regarded as one of the pioneers of modern art, Paul Cezanne left a profound mark on art history. Yet his work long baffled his contemporaries. Why did he paint so many apples? Which artists did he inspire? And why does his work resonate so powerfully today? Here are five key insights to help you understand his influence before exploring "Cezanne and Us", on view at the Grand Palais until January 17, 2027.
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Vibrant flowers and saturated colors, plays of light, and immersive sensory installations: from December 16, 2026, to March 21, 2027, Mika Ninagawa takes over the Grand Palais with her collective EiM to present an exhibition designed to be walked through...