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A l'occasion de l'exposition "Noir & Blanc" qui ouvrira prochainement au Grand Palais, décryptons l'une des photos exposée : le portrait de Sarah Bernhardt par le photographe Félix Nadar grâce au site "L'Histoire par l'image".
Inventée par Nicéphore Niepce au début des années 1820, perfectionnée par les inventions de Daguerre et de Talbot, la photographie est -de toutes les innovations technologiques du XIXe siècle- celle qui a probablement le plus pesé sur l’évolution de l’art, en particulier de la peinture. La question se posa en effet rapidement de savoir si la photographie se réduisait à une technique de reproduction ou si elle pouvait être considérée comme un moyen d’expression plastique à part entière.
Les portraits de Félix Nadar comptent parmi les premiers témoignages des possibilités artistiques de la photographie, notamment par la maîtrise de l’éclairage. Dès 1850, la photographie est d’ailleurs présente dans une section artistique de l’Exposition universelle.
A l'époque de cette photographie ci-contre, Sarah Bernhardt n’était encore qu’une jeune actrice lorsque Nadar fit d’elle une série de portraits en 1864.
Son cliché nous renvoie l’image d’une magnifique jeune femme au regard mélancolique. Accoudée à une colonne, les épaules nues, elle est drapée dans un ample burnous blanc qui rappelle le goût de l’époque pour l’Orient. Son visage est doucement modelé par un éclairage latéral, caractéristique des portraits de Félix Nadar. Aucun détail superflu ne détourne l’attention du spectateur de ce modèle dont la rayonnante beauté laisse pressentir le grand destin. En effet, à la différence de ce qui se pratiquait alors dans les autres ateliers, le décor se ramène ici à presque rien, et pour tout bijou Sarah Bernhardt porte un camée à l’oreille.
La simplicité de ce portrait contraste avec ceux réalisés plus tard par Paul Nadar, le fils de Félix, où l’actrice, au faîte de sa carrière, étincelait dans la splendeur de ses costumes de scène. Mais incontestablement, les portraits réalisés par les deux photographes ont contribué à forger l’aura de Sarah Bernhardt.
En 1864, à l’époque de ce portrait, de nombreuses personnalités du monde de la littérature et des arts, tels George Sand, Delacroix et Berlioz, Daumier et Gustave Doré, Théophile Gautier et Gérard de Nerval, les sculpteurs Auguste Préault et Emmanuel Frémiet, etc., avaient déjà posé devant les appareils de Félix Nadar. Son atelier était vite devenu l’un des plus courus de Paris en raison de la qualité exceptionnelle de ses portraits, qui exprimaient avec beaucoup de dépouillement la personnalité du modèle sans s’attarder sur la représentation de son statut social.
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