André Magnin, découvreur de talents

Galeriste spécialisé dans l’art africain et commissaire d’exposition indépendant, André Magnin développe très tôt un goût pour l’exotisme bercé par une enfance passé à Madagascar.
29 juin 2016
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Pauline Weber
Seydou Keïta Sans titre, 21 mai 1954 [cachée] Tirage argentique d’époque 13 x 18 cm Genève, Contemporary African Art Collection © Seydou Keïta / SKPEAC / photo courtesy CAAC – The Pigozzi Collection, Genève
Dès le milieu des années 80, il offre un autre regard sur l’art contemporain africain et sud américain en co-commissionnant « les Magiciens de la Terre ». Bien que recevant un accueil mitigé, cette exposition d’un genre nouveau, présentée conjointement au Centre Pompidou et à la Grande Halle de la Villette, contribuera à développer son oeil aiguisé. Précurseur, André Magnin travaillera pendant près de 20 ans pour Jean Pigozzi, homme d’affaires italien et collectionneur passionné et passionnant pour qui il parcourra l’Afrique - mais aussi le reste du globe - dans les moindres recoins afin de dénicher la perle rare. Résultat des courses : une collection libre rassemblant près de 12 000 pièces. « J’ose espérer que notre collection permettra de contribuer à la reconnaissance de grands artistes et de souligner une évidence : l’Afrique recèle d’immenses richesses. Il serait dommage, voire dangereux, de lui tourner le dos » déclarera-t-il à ce sujet.
 
En route, André Magnin se prend d’amour pour la photographie en découvrant Seydou Keïta et Malick Sidibé à Bamako et sera pour beaucoup dans la reconnaissance conjointe de leurs travaux en Occident. Chéri Samba fait aussi partie de ses trouvailles sacrées dont les oeuvres se négocient aujourd’hui en moyenne à 60 000 euros aux enchères. Représentant de la France à  la Biennale de Venise en 1999 et artiste invité lors de la dernière édition de Monumenta en mai dernier dans la NEF du Grand Palais, Huang Yong Ping participe également à ce cortège de choix. Remarqué par Jean-Hubert Martin, l’artiste propose une oeuvre à la césure de la Chine et de l’Occident à l’instar de « Empires » installation spectaculaire composée de cargos et d’un serpent géant.
 
Fort de ces pérégrinations éclairées à travers le monde, André Magnin ouvre avec Philippe Boutté sa propre galerie à Paris en 2009 dans le but de faire prospérer l’histoire de sa vie : promouvoir l’art contemporain non-occidental et tout particulièrement africain.

Pauline Weber
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