Flower Power

Orchidée, lys, anémone, tulipe ou gardénia…derrière un apparent classicisme, les compositions florales de Mapplethorpe distillent un parfum de scandale.
3 avril 2014
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Virginie Huet, journaliste
C’est que pour lui, le sexe est partout : « Quand j’ai exposé des images, […] j’ai essayé de juxtaposer une fleur, puis une photo de pénis, puis un portrait, de façon à ce qu’on puisse voir qu’il s’agit de la même chose. » Natures mortes racées et délicates, ses images organiques semblent évoquer tour à tour l’éclosion d’un sexe féminin, l’érection d’une verge, la tension d’une pénétration.
Robert Mapplethorpe, Calla Lily, 1986, 92,7 x 92,7 cm, épreuve gelatino-argentique © Robert Mapplethorpe Foundation

En couleurs ou noir et blanc, c’est une séduction, une étreinte, un orgasme que rejouent à l’infini les fleurs de Mapplethorpe. Comme si, n’ayant jamais fini d’épuiser le sujet, il s’appropriait les codes d’un genre artistique traditionnel, pour mieux filer la métaphore : perfection formelle des mises en scène, maîtrise absolue des jeux d’ombre et de lumière, précision clinique des cadrages… tout se passe comme si la nature morte atteignait chez lui son expression la plus aboutie. On est loin de l’exercice de style à la Edward Steichen, de l’exaltation botanique à la Imogen Cunningham, ou de la compilation scientifique à la Karl Blossfeldt.

Ici, la fleur n’est que prétexte : « J’adore mes photos de fleurs, plus que je n’aime les fleurs réelles. » Narcisse, c’est son reflet que Mapplethorpe contemple dans ces pétales anthropomorphes. On pense aux mots du conservateur et historien de la photographie William A. Ewing, qui dans son ouvrage Flora Photographica (1991), comparait l’artiste à l’orchidée : « (…) fragile, rare, exotique et solitaire ».

Découvrez des images et des interviews exclusives sur la vie de Robert Mapplethorpe dans le web documentaire Mapplethorpe, une vie à New York
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