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«Un esprit sain dans un corps sain»: la fameuse locution latine connaît une fortune particulière en URSS, où la culture physique est massivement encouragée. Découvrez les oeuvres d'Alexandre Deïneka au Grand Palais !
Alexandre Deïneka (1899-1969) fait partie de ces artistes russes formés au contact de l’avant-garde, mais qui revendiquent leur attachement à la figuration. Inspirées par sa ferveur pour la révolution de 1917, ses œuvres mettent en valeur le travail des mineurs et des ouvrières de l’industrie.
À partir de la fin des années 1920, ses toiles exaltent les corps en mouvement. Boxeur amateur, il est lui-même un fervent adepte de la culture physique, fondée non pas tant sur la compétition individuelle que sur l’émulation collective et la solidarité de classe. Deïneka passe beaucoup de temps à réaliser des croquis d’athlètes au complexe sportif du Dynamo de Moscou, où il tombe sous le charme de Liudmilla Vtorova, une championne de natation de 16 ans qui devient son modèle. La pratique du sport est alors considérée comme un gage de santé et d’hygiène. Elle doit permettre de créer un homme nouveau, apte à la construction du socialisme et prêt à défendre sa patrie.
Adoptant les codes du réalisme socialiste, Deïneka donne à voir les bienfaits des activités de plein air et la vigueur de la jeunesse. Au risque de heurter les tabous de la société stalinienne, il n’hésite pas à mettre en scène la nudité des corps qui, dans un collectif non-mixte, suggère une forme d’homoérotisme empreinte de sensualité. Les jeunes gens batifolant dans l’eau scintillante de la Pause déjeuner dans le Donbass (1935) évoquent un âge d’or prolétarien et préfigurent un avenir enchanteur. Mais le schématisme des corps et l’inachèvement des visages montrent que pour Deïneka le socialisme relève encore davantage du rêve que de la réalité.
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