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L’exposition Dessins sans limite, actuellement au Grand Palais jusqu'au 15 mars, invite à explorer le dessin dans toute sa richesse, de la texture du papier aux mouvements animés de l’image. Loin de se limiter à une pratique figée, le dessin se révèle comme un langage tactile, émotionnel et en constante évolution.
Le papier a souvent été décrit comme une "peau seconde", support sensible où s’inscrivent pensées et représentations par le dessin ou l’écriture. Les artistes du 20e siècle ont largement exploré cette dimension tactile : froissages, collages, découpes, grattages et perforations transforment la feuille en un espace vivant. Le vide et la blancheur ne sont plus neutres mais interrogés et métamorphosés.
Henri MATISSE, Deux danseurs, 1937-1938, 80,2 x 64,5 cm
Avec Deux danseurs (1937-1938), Henri Matisse montre le dessin comme un espace d’expérimentation, où la main cherche, ajuste et recommence. L’œuvre associe papiers gouachés, découpés et punaisés, mine graphite, sur carton collé sur châssis (80,2 × 64,5 cm). Les punaises et les trous visibles ne sont pas des détails secondaires : ils matérialisent le travail de composition et la possibilité, pour l’artiste, de déplacer les morceaux de papier autant de fois qu’il le souhaite.
Matisse utilise ici la technique des gouaches découpées comme un procédé souple, presque mobile : les formes, simplement fixées, gardent un caractère transitoire. Traits de crayon, retouches, reliefs dus aux superpositions... tout conserve la mémoire des étapes de fabrication, donnant à cette étude une véritable épaisseur, y compris dans le temps. Si l’œuvre témoigne encore d’un travail en cours, elle annonce aussi une recherche plus profonde. La même maîtrise de la ligne, qu’elle soit tracée au crayon, à la plume ou obtenue "à coup de ciseaux".
Jean Dubuffet, Un voyage en métro, 1967, 10 mars 1943, Gouache sur papier, 36,8 x 30,4 cm
Réalisé en mars 1943, Un voyage en métro, la connaissance de Paris par son sous-sol avec renouvellement complet de tous les personnages à chaque station est un album comprenant une planche de titre et 11 planches, toutes en gouache sur papier (36,8 × 31 cm chaque, extrait ci-contre).
Dans ses propres mots, Dubuffet cherche à restituer, dans la figuration, non seulement un objet, mais "tout le système complexe des impressions" qu’il produit dans la vie ordinaire, la manière dont il affecte la mémoire et l’émotion. Pendant l’Occupation, la fréquentation du métro augmente et toutes les catégories sociales s’y côtoient.
Dubuffet peint des individus aux visages standardisés, parfois tournés frontalement vers le spectateur. Les différences tiennent surtout aux vêtements, aux barbes ou aux cheveux. La série fonctionne comme une succession : les voyageurs changent d’une planche à l’autre, comme s’ils se renouvelaient à chaque station. Les couleurs très vives et le trait volontairement simple donnent à l’ensemble une dimension spontanée, liée à son intérêt pour ce qu’il appellera plus tard "l’homme du commun".
Le dessin ne se limite pas à la surface, il s'anime ! Le geste dessiné se déploie ainsi dans le temps, transformant la feuille en écran et le trait en mouvement. Il interroge alors la perception, joue avec la reconnaissance des formes et créé des narrations inattendues. Les figures apparaissent, disparaissent, se métamorphosent, tout en conservant la trace du geste initial.
Robert Breer, A Man and His Dog Out for Air, 1957, film cinématographique 16 mm noir et blanc, sonore
Ce court film de 2 minutes, en 16 mm noir et blanc avec son, est réalisé par Robert Breer à Paris dans les années 1950. Il met en scène une animation image par image de dessins au trait noir sur fond blanc. Bien qu’un programme figuratif soit annoncé par le titre A Man and His Dog Out for Air (1957), les formes se transforment constamment, oscillant entre figures reconnaissables et motifs abstraits. L’homme et le chien apparaissent brièvement avant d’être absorbés par un tourbillon de lignes et de griffonnages. Le film explore la métamorphose du dessin en mouvement et illustre l’idée de Breer : qelque chose de lisible émerge parfois avant de disparaître, créant un dialogue subtil entre figuration et abstraction.
Robin Rhode, Microphone, 2005, film Super 8 transféré en vidéo noir et blanc silencieux
Dans Microphone, Robin Rhode filme un performeur devant un mur blanc, à l’échelle humaine. Le film est silencieux. Toute l’action se joue par le geste et le dessin. L’artiste commence par tracer au fusain un pied de micro et un micro HF, puis le performeur interagit avec ces dessins comme s’il s’adressait à un public. Progressivement, de nouveaux microphones apparaissent, donnant l’impression que le dessin s’anime et se déploie dans l’espace.
Cette œuvre illustre la volonté de Rhode de traiter le dessin comme un dispositif cinématographique, où la main, le mur et la caméra deviennent un même outil de narration graphique.
Venez découvrir au Grand Palais comment le dessin, loin d’être figé, devient un langage vivant et sans limite !
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See content : The "Dessins sans limite" exhibition is now open: 6 resources to make the most of it!
André Derain, Les Filles, 1905-1906, Aquarelle, encre de Chine et mine graphite sur papier 42,5 x 53,5 cm, Dation, 1994. AM 1994 - 80, Centre Pompidou, Paris
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Drawing invites itself to the Grand Palais in a major exhibition: over 300 works by 120 artists, including many masterpieces are to be admired until March 15, 2026. Discover here the must-have tools to enhance your visit!
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Vassily Kandinsky, Sans titre, 1915
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Discover Klee, Matisse, Picasso, Basquiat, Hockney and so many others at the Grand Palais very soon: the exhibition Dessins sans limite unveils rarely seen works and reveals the freedom of the line as well as the evolution of drawing in the 20th and 21st...
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This spring, the Grand Palais invites you to discover two major figures in the art of the 20ᵉ and 21ᵉ centuries through new exhibitions: Nan Goldin. This will not end well and Matisse. 1941 - 1954. Two powerful, sensitive and resolutely different journeys...