Vaudou!

Haïti et le vaudou, c'est une longue histoire...
8 décembre 2014
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Marion Mirande
André Pierre, Je suis Guinin roi du Vaudou après Dieu celui qui veut me remplacer qu'il me le dise Je lui cèderai ma place, 1972, © Photo Ralph Torres
Papa Loco, Ogoun-Feraille, Agaou sont parmi ces noms sacrés et magiques inscrits au panthéon des 401 divinités du vaudou haïtien.
Si celui-ci possède ses propres dieux, loas, et rituels, il partage avec les différentes manifestations du vaudou connues dans le monde des origines ouest-africaines. Les sources de son culte s'enracinent principalement dans les terres du Togo et du Bénin, où les comptoirs ont valeur de portes sur les Caraïbes, abondamment peuplées au XVIIème par les esclaves.

Contraints de se convertir au catholicisme, ces derniers pratiquent les rites de leurs ancêtres dans la clandestinité, craignant les interdits que leur oppose le colon. Un double exercice religieux qui nourrit les traditions africaines et contribue à la nature syncrétique du vaudou. A l'image de la religion catholique, il devient un des socles de la société haïtienne et un acteur majeur de l'indépendance du pays grâce, notamment, au soulèvement des esclaves initié par un hougan, prêtre vaudou, lors de la cérémonie de Bois-Caïman. Le vingtième siècle persiste à le juger subversif, malgré l'apparition dans les années 1930 du courant de pensée indigéniste et ses actions pour le revaloriser.

Reconnu religion à part entière en 2003, il pâtit jusqu'alors des conséquences de "la campagne des rejetés" ; une offensive lancée contre lui par l'Eglise en 1940, à laquelle l'Etat prit part.
A la fois système de pensée et religion, rigoureusement organisé, le vaudou haïtien emprunte au catholicisme son "Bon Dieu", entité suprême qui domine les loas. Chacun de ces dieux/esprits possède une fonction caractéristique et accompagne l'initié dans son quotidien. Loa de la mort, Baron Samedi est le gardien des cimetières, Dosou et Dosa, les Marasa renvoient à la puissance de la gémellité tout en symbolisant l'avenir de l'humanité. Protagoniste d'un monde invisible que les cérémonies cherchent à révéler, le loa éclaire de sa bienveillance et de ses pouvoirs, amicaux ou malins, en échange d'offrandes ou de sacrifices. Culte aux manifestations merveilleuses et surnaturelles, accordant aux poupées piquées de sortilèges et aux zombies un crédit des plus forts, il reste aujourd'hui encore le symbole d'une liberté spirituelle et d'une affirmation culturelle comme politique.

Tout sur l'exposition Haïti deux siècles de création artistique
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