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Comme le chiffonnier de Baudelaire qui trie les déchets rejetés par la ville, Irving Penn voit de la poésie dans les détritus : pris au sens large, ils constituent des témoignages indirects de l’état du monde.
Ce commentaire ironique sur la culture du jetable et du provisoire aux États-Unis souligne indirectement l’irresponsabilité du gouvernement et des grandes entreprises qui salissent la planète et compromettent la santé des êtres humains. En 1979-1980, il prolonge ce thème avec une série appelée Archaeology ; comme si un chiffonnier l’avait laissé faire son choix dans son sac ou si un archéologue avait partagé avec lui les fragments et les artefacts trouvés lors d’une fouille dans une décharge, il transforme en oeuvre d’art sa collection grandissante de vieille vaisselle, de morceaux de métal, de bouts d’os et de pièces de machines. Puisque la modernité a fabriqué, dédaigné puis jeté ces choses, semble suggérer Irving Penn, il ne s’agit pas seulement de détritus, mais bien d’un autre versant de notre civilisation.
Sa pratique de la nature morte, assemblée à la manière d’un puzzle en trois dimensions, est une forme de méditation créative. Irving Penn s’absorbe dans l’observation des matières, scrute les trésors qu’offrent à son imagination le cuir des chaussures, une cruche fissurée ou un pétale.
Aussi sensible à la charge émotionnelle des objets qu’à l’étincelle sensible émanant des individus, il écoute leur message et les photographie séparément ou en conversation, tels des substituts d’êtres humains. Ces assemblages sont ensuite défaits, puis minutieusement réagencés dans d’autres configurations. Les photographies figent les instants de répit dans l’activité mentale incessante d’Irving Penn. Elles pérennisent un cycle de changement perpétuel et offrent une nouvelle preuve de l’exceptionnelle fécondité de l’artiste.
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See content : In the fantastic world of Eva Jospin: 8 questions for the artist
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At the Grand Palais, Eva Jospin's "Grottesco" exhibition offers a timeless journey. Mysterious caves, sculpted nymphaea, petrified forests and "embroidered tableaux" come together to form a world apart. In this interview, the artist reveals her sources of inspiration, her relationship with cardboard and embroidery, and the way she turns each viewer into an explorer of her fantastical landscapes.
See content : Recommended reading: the foundational text of Mickalene Thomas’s exhibition All About Love
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Mickalene Thomas's exhibition All About Love celebrates the intimacy, sensuality and power of Black women. It owes its title to bell hooks' book, All About Love: New Visions (1999), which presents love as a force for transformation and empowerment.
See content : Portraits of intimacy: the muses of Mickalene Thomas
Vue de l'exposition « Mickalene Thomas, All About Love », Les déesses noires, au Grand Palais, Paris
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Mickalene Thomas celebrates Black women through intimate, sensual and powerful portraits. In large-scale works, her friends, lovers and icons become both muses and the protagonists of their own image.