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La lune serait-elle un lieu privilégié des hommes ? Un enjeu de pouvoir se crée entre les sexes, mais pour le moment le masculin l’emporte...
De nombreux artistes dénoncent la diversité trop peu présente au sein de l’astronomie. En effet : les privilégiés de l’espaces sont en majorité, des hommes, blancs et occidentaux. Si, Yinka Shonibare MDE, artiste de l’exposition, parle, de l’absence du peuple Africains dans l’espace (nous y reviendrons plus tard), Sylvie Fleury dénonce quant à elle l’absence de femmes dans le milieu de l’astronomie.
« Tous les exploits réalisés par des hommes pendant la période de l’après-guerre étaient porteurs d’une idéologie profondément ancrée dans un monde où la séparation des rôles masculin/féminin était claire »
Est-ce c'est parce que cet état des choses perdure que Sylvie Fleury poursuit depuis le milieu des années 1990 sa suite des First Spaceship On Mars ? À l’exception notable du film Les figures de l’ombre (2016, réalisé par Théodore Melfi) où ces trois femmes afro-américaines, mathématicienne et ingénieures, qui, à la fin des années 1960, ont permis de grandes avancées à la NASA, et de l’extraordinaire rôle de Margaret Hamilton dans le programme informatique embarqué dans Apollo 11, la conquête spatiale, conséquence de la Guerre froide, est celle de la gent masculine.
Les femmes ne représentent encore aujourd’hui, comme hier, que 10 % des effectifs d’astronautes. Les désirs des femmes ne rejoindraient-ils pas ceux des hommes ? Ressentiraient-elles moins le besoin de conquérir ces autres mondes ? La Terre leur suffit-elle ? Sylvie Fleury pose la question avec humour et justesse, se référant au désir féminin qu’elle érige, dresse fièrement avec cet archétype de la fusée, tel un totem : symbole pop de la modernité et de la conquête, symbole phallique, objet sexuel, désir de la femme, de ne pas se contenter de la Terre.
Devenue artiste, performeuse et musicienne dans les années 1980, de New York à Genève puis Lausanne, Sylvie Fleury réagit au contexte culturel qui est celui de son temps, utilisant les modes mêmes de la communication contemporaine, saisissant les objets archétypaux de la modernité pour se les approprier, les singulariser en les déplaçant d’un monde à l’autre, souvent du monde masculin pour les faire entrer dans l’univers du féminin.
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Nous, frissons d’étoiles, 2026
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