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Spectacle d’ouverture de Grand Palais d’été, Revoir les étoiles est une nouvelle création inédite et hors norme de la compagnie Circa, pensée à l’échelle de la Nef du Grand Palais. Flirtant avec la danse, le théâtre et la musique, ce spectacle de cirque ultra contemporain et aérien a de quoi émerveiller petits et grands. Trois questions à Yaron Lifschitz, directeur artistique de Circa, avant de venir au Grand Palais les 5, 6 et 7 juin prochains.
Véritable ode à l’optimisme, cette création emprunte son titre au dernier vers de L’Enfer de Dante, lorsque, après avoir traversé les profondeurs les plus sombres, Dante et Virgile émergent de l’abîme et revoient les étoiles. Ici, ce retour à la joie se transforme en un spectacle de cirque à la fois fragile, lumineux et chargé de sens.
Une ode au collectif, saisissante dans ses acrobaties de groupe comme dans sa poésie du fragile.
Dante conclut chaque chant de la Divine Comédie par le même mot : "stelle", c’est-à-dire les étoiles. C’est en effet la dernière ligne de l’Enfer que nous avons choisie : "E quindi uscimmo a riveder le stelle" qui signifie "Et alors nous sommes sortis, pour revoir les étoiles". Cette ligne évoque davantage l’ascension que les étoiles elles-mêmes. Après avoir été témoin de toutes les formes de déchéance humaine, le poète ne détourne pas le regard. Il lève les yeux. Nous vivons à une époque qui fétichise l’apocalyptique. Le pessimisme est omniprésent sur tous les écrans. Ce qui est plus difficile, c’est une oeuvre qui a pris tout cela en compte et parvient malgré tout à l’espoir : un espoir difficile, celui qui a d’abord effectué la descente. Le titre dit : nous avons traversé quelque chose et nous revenons.
Je laisse aux autres le soin de définir mon style si tant est qu’une telle chose existe. Comme l’a écrit Ann Carson, une des voix les plus influentes de la poésie contemporaine de langue anglaise : "Le style c’est ce qui se produit lorsque le langage se fige" et je m’intéresse aux communications organiques, vivantes, pas aux vieilles coquilles d’idées passées. Une scène débordante de vie et d’humanité. On peut identifier quelques points de départ. Le refus de choisir entre le profond et le divertissant. Une croyance dans le pouvoir des relations - le "Je-Tu" comme élément fondamental du théâtre, ou autrement dit le théâtre comme un moment de rencontre humaine authentique entre les personnes. Une poésie forgée par la virtuosité. Ou, plus prosaïquement, je trouve que le théâtre est le plus bel endroit au monde mais aussi le plus ennuyeux. Alors je veux le remplir de poésie physique et le faire rayonner d’énergie et d’espoir.
Le Grand Palais est un ciel de verre. La nef est immense, le dôme surplombe tout ; le bâtiment est conçu pour que les foules s’y rassemblent et lèvent les yeux. C’est déjà un spectacle en soi. L’acrobate n’est qu’une petite silhouette au sein d’une architecture gigantesque, et cette architecture est sa complice. Le corps prend davantage de valeur parce qu’il est plus solitaire. La figure est d’autant plus étonnante qu’elle est entourée d’une immense étendue d’air. Nous avons cherché des moyens de donner de l’ampleur aux choses et avons décidé que la présence (le fait de se montrer et d’être pleinement là) était le meilleur moyen de contrebalancer l’immensité de l’espace. D’une certaine manière, le défi même posé à l’échelle humaine nous a poussés, par défi, à vouloir être plus humains.
Spectacle bientôt complet, des places sont disponibles pour les représentations de dimanche 7 juin 2026 : réservez vite vos billets !
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