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Comment lire les œuvres d'Hilma af Klint ? Derrière leurs couleurs éclatantes, leurs fleurs, leurs spirales et leurs formes géométriques se cache un véritable langage visuel. Chaque couleur, chaque symbole et chaque format participe à une même ambition : rendre visible ce qui appartient au monde invisible. On vous explique !
Les images ont été peintes directement à travers moi, sans dessin préalable.
Au moment de commencer les peintures du Temple, Hilma af Klint est convaincue que son inspiration artistique vient d’ailleurs. Dans ses carnets, elle explique peindre sans esquisse préalable. Les “anges” ou “guides” semblent décider des techniques, des formats, de la durée d’excution et de la manière dont les oeuvres doivent être réalisées.
Hilma af Klint, Les Petites Aquarelles, n° 1, 1908
Mêlant science et spiritualité, la réflexion de l’artiste concernant les couleurs s'appuie à la fois sur les recherches scientifiques de son époque, notamment sur l'optique et la physique de la lumière, et sur les courants théosophiques, qui attribuent aux couleurs une dimension spirituelle et psychologique. Chaque teinte devient ainsi un langage à part entière, capable d’exprimer des idées, des émotions ou des forces invisibles.
Je m’exprime d’abord avec l’oeil physique, puis avec l’oeil de l’intelligence, et enfin avec l’oeil du coeur ou de l’esprit.
Dans les tableaux d’af Klint, tout signe devient un symbole. Derrière une forme visible se cache un sens plus profond, un message appelé à être déchiffré. D’où un goût cultivé de l’ambivalence, qui fait qu’un même symbole peut prendre plusieurs sens à la fois. Ainsi la rose blanche symbolise par sa couleur la pureté et la vie spirituelle. Mais elle signifie également la fragilité de l’existence et du bonheur ou l’incomplétude du désir terrestre, voire, par la présence des épines, le prix de la souffrance sur terre. C’est justement en jouant sur cette pluralité de sens que l’artiste crée un langage plastique mystérieux qui explore la variété d’interprétation du signe au-delà de l’évidence littérale des apparences.
Hilma af Klint, série Chaos originel
Avec Chaos originel (1906), première série des Peintures du Temple, Hilma af Klint pose les bases de son vocabulaire visuel. D'une toile à l'autre, des formes semblent émerger progressivement : spirales, fleurs, rayons, lettres et escargot évoquent symboliquement l'origine et l'évolution du monde.
La gamme chromatique joue déjà un rôle essentiel : Le bleu est associé au principe féminin, le jaune au masculin, tandis que leur rencontre produit le vert, symbole de leur union spirituelle.
Les images peintes de cette série transcrivent l’élévation spirituelle et composent un univers riche de références : Les lettres U et W symbolisent respectivement la vie spirituelle et la vie matérielle, tandis que les spirales évoquent le mouvement perpétuel de l'univers. Autant d'éléments qui forment les premiers mots du langage visuel qu'Hilma af Klint développera tout au long des Peintures du Temple.
Visionnaire jusque dans l’invention plastique d’un "troisième genre", Hilma af Klint nous livre une oeuvre d’une incroyable fraîcheur. Plus d’un siècle après leur création, ses compositions continuent de surprendre par leur force visuelle et leur résonance avec notre époque. À découvrir au Grand Palais jusqu’au 30 août !
Les Dix Plus Grands, group IV, 2 octobre - 7 décembre 1907, 315 x 234 cm
Hilma af Klint
Paintings for the Temple (1906-1915)
Exhibitions
May 6 - August 30, 2026
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See content : Hilma af Klint's Paintings for the Temple: a mission guided by angels
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Presented at the Grand Palais until August 30, 2026, the Paintings for the Temple is the most ambitious project of Hilma af Klint's artistic life. Visionary, mystical and deeply singular, the Swedish painter developed between 1906 and 1915 a monumental work of 193 paintings conceived as fragments of an ideal spiritual temple.
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